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Pays d’originie
Côte d’Ivoire
Art
Peinture
Techniques utilisées
Mixte
Année ou période de création
2018
Dimensions
160 x 165,5 cm
La voie qui mène à l’œuvre d’Augustin Kassi est bordée de dames qui valent leur pesant de grâce. Pas facile d’user d’humour pour peindre et parler de personnes qui n’ont que trop souffert de l’ironie, des regards inquisiteurs et des sourires moqueurs. Elles sont là pourtant, sur les tableaux de l’artiste, ces dames qui donnent l’impression de revendiquer le privilège d’être faites de chair.
Ni gémissement, ni complexe, nous pouvons admirer la franche dignité qui scintille dans le sourire discret mais irrépressible des dames et y reconnaître tendresse et joie de vivre, féminité et détermination, beauté et action. Toutes choses qui impriment à la peinture d’Augustin Kassi une tonalité jouissive et un intérêt sociologique. En effet, dans nos pays africains, la tradition ne met-elle pas un point d’honneur à engraisser les nourrices ? Celles-ci ne retournent-elles pas à la vie active seulement lorsqu’elles ont fait le plein de belles rondeurs ?
Nos reines de beauté, loin des standards occidentaux, ne sont-elles pas dites ‘’Awoulaba’’ ou femmes plantureuses et caractérisées par leur ‘’tassaba’’, leur généreux postérieur ? Plus le peintre s’indigne du sort fait aux « personnes nombreuses », plus énormes, plus charnelles et plus imposantes il les peint.
Chez les dames de grâce, on aime la joie de vivre que communique la fraîcheur des sourires, des yeux malicieux et gourmands, les pagnes aux couleurs gaies et vives. Leur élégance exprime une dignité sans excès.
Le cadre du tableau entre dans le tableau et en même temps, les personnages sortent de leur cadre pictural pour escalader l’encadrement. Entre réalisme non figuratif et humour, en toute naïveté, les rondement belles, les dames de grâces sont de sortie.
Artiste plasticien de formation, la passion d’Augustin Kassi reste la peinture. ‘’Dessinateur attitré’’ de toute l’école du CE1 au CM2 en raison de son talent manifeste, c’est naturellement qu’il s’oriente vers le Centre de Peinture Artistique Charles BIETH d’Abengourou en 1982, pour y suivre un cursus de trois années. Initié à plusieurs techniques, il choisi de faire de l’art populaire et devient le père de l’art naïf ivoirien et des « rondement belles », ces femmes noires, qu’il qualifie lui-même de « grosses, pleines de vie, de gaieté et d’aisance », qui symbolisent la beauté africaine.
Né en 1966 à Assoumoukro, en Côte d’Ivoire, ce promoteur culturel met un point d’honneur à fédérer les artistes pour rendre la profession plus forte et que chacun puisse en tirer partie. Par ailleurs, Augustin Kassi est attaché à la transmission du savoir artistique, notamment aux enfants et adolescents de 3 à 18 ans qu’il encadre et initie à l’art au cours d’Ateliers Vacances mis en place par sa Fondation*.
Si l’artiste cherche aujourd’hui à se diversifier pour explorer d’autres techniques, il continue d’exposer ses œuvres à travers le monde et ce depuis 1986. France, Belgique, Norvège, Etats-Unis, Maroc, Guinée Equatoriale, Afrique du Sud, Bénin, Burkina Faso, Niger, Cameroun, Côte d’Ivoire sont autant de scènes où son art a pu s’exprimer.