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Pays d’originie
Côte d’Ivoire
Art
Sculpture
Techniques utilisées
Bois, peinture européenne
Année ou période de création
Entre 1950 et 1960
Dimensions
H : 49 cm
L’homme est assis sur une chaise recouverte d’un tissu d’apparat. Ce siège, non traditionnel, est très rare dans la sculpture de l’époque, et indique qu’il s’agit d’un personnage important, honoré lors d’une réception.
L’ensemble de la sculpture confirme cette interprétation : la pose, la position des mains, la qualité du visage, l’impressionnant costume trois pièces, très marqué stylistiquement des années 50/60, ainsi que les chaussures de qualité.
Il pourrait s’agir d’un notable ivoirien comme d’un fonctionnaire colonial. La couleur utilisée pour le visage et les mains n’a pas de signification particulière dans ce domaine comme le montre l’ensemble de la statuaire colorée de l’époque.
L’hypothèse d’un fonctionnaire colonial paraît cependant la plus probable. La sophistication du costume, le siège, les traits du visage, l’attitude générale vont dans ce sens, malgré l’absence du casque colonial que l’on retrouve généralement sur les quelques représentations d’Européens que l’on peut dater de cette période.
Notable local ou fonctionnaire colonial, il s’agit en tout cas d’un personnage de rang très élevé, comme l’indique la sophistication de cette sculpture, très réaliste, et destinée exclusivement à honorer la personnalité en question pour l’occasion.
Il est tout à fait possible que cette œuvre représente Pierre Messmer, gouverneur de Côte d’Ivoire de 1954 à 1956 et dont on connaît quelques représentations, BAOULE ou SENOUFO, ou bien un de ses successeurs immédiats. Il s’agirait alors d’un marqueur historique important, à rajouter à la courte liste des personnages bien identifiés représentés dans la statuaire, et notamment le président Félix Houphouët-Boigny ainsi que le général De Gaulle.
Il s’agit donc d’une œuvre profane, totalement dégagée du caractère sacré qui constitue le contexte de l’ensemble de la statuaire avant 1950, à l’exception de quelques productions purement touristiques. À partir de cette date d’ailleurs, le caractère profane de la statuaire va se développer de façon importante avec des sujets et des représentations nouvelles.
D’une façon générale, cet objet appartient à l’art de transition du XXe siècle, qui se distingue de la statuaire traditionnelle dès 1920 par l’introduction de deux nouveautés fondamentales : la couleur et la représentation du vêtement sur la sculpture elle-même. Dans ce corpus, qui comporte une grande variété d’objets de qualités diverses, il s’agit d’une œuvre majeure et probablement unique.