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Pays d’originie
Côte d’Ivoire
Art
Peinture
Techniques utilisées
Pigment naturel sur toile
Année ou période de création
2006
Dimensions
165 x 130 cm
« La chevauchée des esprits ». Ce tableau nous plonge dans le monde merveilleux et allégorique de STENKA. Celui qui se distingue comme étant le « peintre de l’Afrique glorieuse » nous y invite. Nous y retrouvons les caractéristiques du style de l’auteur : le regroupement des éléments, des personnages massifs au corps mal structurés et proches de la représentation enfantine et toutes sortes de symboles et de signes. Deux couleurs dominent, ou plutôt, deux tons. Les tons bleus et ocres. Le reste n’est que nuances plus ou moins accentuées et suites de dégradés.
Bleu. Couleur d’immensité et de spiritualité, évocation d’une profonde connexion avec le divin et l’au-delà. Avec les esprits. Avec l’essence de notre être. Couleur d’apaisement et d’une forme de repos. Ocre. Nous rappelant le rapport à la terre et à nos origines. Terre dans laquelle nous puisons une énergie vitale et sur laquelle s’invitent les esprits, qui nous entourent.
Très afrocentré dans toute sa démarche, l’artiste n’a de cesse, dans ses tableaux, de faire cohabiter les anciennes grandes civilisations africaines avec une quête spirituelle et philosophique constante. Mystique abstrait, comme il se définit lui-même, il n’a pas de mal à placer ses tableaux en dehors du temps, comme c’est ici visiblement le cas. Les symboles à la suite du personnage central semblent représenter des silhouettes. Seraient-ce d’autres esprits ou de simples mortels ? Cette représentation laisse libre cours à notre imagination.
Auteur de plus de 25 000 oeuvres, Stenka, confirme sa particulière faculté à pouvoir ‘’penser avec ses mains’’. Ses débuts comme graphiste scientifique en biologie ont fortement influencé son art. D’abord porté à reproduire des formes d’insectes de 1983 à 1984, sa peinture évolue vers la représentation d’hommes-insectes entre 1984 et 1990, puis de 1990 à 1994, retrouvant le monde des hommes, il plonge dans la recherche d’anciennes grandes civilisations africaines. Quête spirituelle, philosophique, allégorie afrocentrée, Stenka fait voyager dans le temps et hors du temps et de l’espace avec des thèmes comme la cosmogonie de civilisations anciennes, telle que l’Egypte ou la femme-mère-génitrice-gérante-prêtresse, pour reprendre son expression. L’énergie et l’environnement qu’il considère comme les deux mamelles de la vie de l’humanité sont également des thèmes développés par ‘’le peintre des civilisations anciennes’’.
Né en 1945 à Bingerville en Côte d’Ivoire, Jacques Samir Sénahoui est baptisé Stenka par Jacques Yankel qui l’accueille dans son atelier des Beaux-Arts de Paris, dont il est le plus jeune et surtout le premier élève peintre africain. Séduit par ce terme russe chargé de sens*, il en fait son patronyme et son nom d’artiste. Major de l’Ecole des Beaux-Arts d’Abidjan, diplômé de celle de Paris et de l’Ecole Supérieure des Arts Plastiques de Paris, Stenka voit ses œuvres exposées en Europe, aux Etats-Unis et en Côte d’Ivoire.