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Pays d’originie

Côte d’Ivoire

Art

Peinture

Techniques utilisées

Acrylique sur toile

Année ou période de création

1988

Dimensions

72 x 86 cm

Né en 1962, Aristide ACHI, ANAPA de son nom d’artiste, est un fils de la bonne bourgeoisie traditionnelle. Son père occupait des fonctions communales importantes dans un des quartiers nord d’Abidjan. Il effectue donc de bonnes études secondaires, et se révéla d’abord un dessinateur extrêmement doué puis un coloriste remarquable. Il s’oriente donc vers des études artistiques qui l’amenèrent à une carrière d’enseignant (dessin et peinture) à partir du milieu des années 80.

Le tout premier, il trouve son inspiration dans la rue d’Abidjan, particulièrement auprès des jeunes de la rue, « les nouchis », qui font les petits métiers, gardien de voitures ou autres, presque abandonnés par une société qui s’embourgeoise, et au milieu desquels règne souvent la drogue et la violence.

De ce rapport à la rue, Anapa sera parfois qualifié d’artiste du « street art », mais par extension de la catégorie car il a toujours produit sur toile, et jamais par terre ou sur un mur.

Il a cependant été assimilé à cette tendance, ainsi que plus tard ABOUDIA, tous deux improprement.

Pour mieux s’imprégner de ses modèles nouchis et s’intégrer parmi leurs bandes, il a participé, à tout, même aux plaisirs destructeurs, avec des conséquences significatives sur sa santé !

Ce fut Janette Diallo, elle-même designer et créatrice de meubles de grande qualité, qui avait fondé à Abidjan la maison Trigone pour les produire, qui organisa en Côte d’Ivoire, au début des années 80, les toutes premières expositions d’artistes ivoiriens et d’Afrique de l’Ouest. Ces expositions se tenaient tous les ans à l’Hôtel Ivoire, et elles ont fait connaître la peinture africaine à un public qui se contentait auparavant de deux ou trois expositions, par des galeristes français de troisième rang, de croûtes entraînées par quelques Bernard Buffet.

Janette Diallo recevait les jeunes artistes dans son magasin à Trigone, et c’est elle qui découvrit ainsi Anapa et l’exposa les quelques années que dura cette initiative. Elle le considérait comme de loin l’artiste le plus doué de cette génération.

Créateur spontané et inspiré, Anapa n’a jamais su se plier aux disciplines de l’atelier et d’une production régulière. Il a donc effectué une carrière qui, commercialement et financièrement, n’a pas rendu justice à la puissance de son génie. L’absence de galeries de qualité dans les années 80 à Abidjan a aussi bien entendu été un handicap pour sa carrière.

Il a cependant été avidement collectionné par quelques connaisseurs en Côte d’Ivoire, et même par le président Félix Houphouët-Boigny en personne, mais de façon confidentielle, et sans que cela ne lance jamais sa carrière commerciale.

C’est certainement le sort de beaucoup de grands artistes, mais cela montre bien l’importance économique fondamentale des galeries dans une carrière artistique.

Anapa représente un peu la première génération des grands artistes africains, dont le profil se distingue complètement de la nouvelle génération contemporaine, où des artistes souvent très jeunes sont pris en main par des galeries qui lancent leur carrière commerciale, et qui, poussés par le contexte, produisent en quantité.

Anapa restera donc pour les connaisseurs comme un des artistes les plus doués que le pays ait engendré : dessinateur, peintre coloriste exceptionnel, le seul qui mérite véritablement l’appellation, par ailleurs galvaudée, de « Basquiat ivoirien », mais avec souvent une richesse de matière sur la toile que Basquiat lui-même n’avait pas.

Anapa a aussi été un sculpteur inspiré, même si peu de ses œuvres existent encore aujourd’hui. Il a notamment été le premier – et de loin – à travailler avec des matériaux de récupération, non pas pour faire des « ready made » mais pour les assembler et s’en servir de support pour la peinture.

Anapa comme Issa Kouyate, l’autre surdoué de cette génération, n’a pas beaucoup produit malgré un court passage en 2012 aux États-Unis qui ne lui a pas permis de s’adapter au rythme d’une galerie qui aurait pu lancer sa carrière commerciale. Il est donc totalement inconnu aujourd’hui, sauf de quelques collectionneurs éclairés, ainsi que de quelques artistes et personnes du milieu qui l’ont côtoyé dans le passé.

Les  œuvres (un dessin et deux peintures sur toile) qui sont proposés à cette vente présentent une occasion unique pour un amateur aujourd’hui d’acquérir une œuvre de cet artiste majeur, qui, ignoré de son vivant, connaîtra nécessairement un jour, comme Van Gogh, la reconnaissance de l’Histoire de l’Art.

L’œuvre présentée ici date de 1998, sa grande période de la rue et des nouchis, dont il nous donne ici un de ses portraits les plus significatifs de ces jeunes à la dérive : musculature imposante, le front bas, le regard exorbité, représenté avec une palette et une matière d’une richesse exceptionnelle.

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